LA PEUR COMME MOTEUR

19
Avr

La peur est un sentiment commun à toute l’humanité. Aujourd’hui plus que jamais, chacun et chacune, à des degrés divers, vit avec cette peur. Peur de la maladie, peur de la mort, peur de la précarité, peur de l’échec, peur de la solitude, peur de l’avenir incertain…

Cette peur est nécessaire car elle résulte d’un instinct primaire de survie. Mais elle est aussi et surtout nécessaire à la réflexion. C’est la peur saine, productive, initiatrice de changement, de réforme de soi. C’est la peur qui nous pousse à la prise de conscience.

Pour que la peur devienne saine et ne se transforme ni en une peur immature, irrationnelle, paralysante, mangeuse d’esprit critique, ni en une peur niée, maquillée de nonchalance et de témérité feintes, il faut la reconnaître et l’accepter. Reconnaître la peur, c’est d’abord comprendre qu’elle n’est pas une faiblesse mais, au contraire, une source de force dans laquelle puiser.

La peur saine appelle aux moments de courage. Le courage de l’introspection, le courage de reconnaître nos manquements, nos faiblesses, nos torts, nos traumas. Le courage de changer ce qui doit être changé. Le courage de prendre position, de prendre nos responsabilités. Le courage aussi de passer de la théorie à la pratique en voulant véritablement pour l’autre ce que nous voulons pour nous même. Le courage de dominer nos émotions, de sortir de nos zones de conforts qui, en ces temps inédits sont indéniablement amenés à bouger. Au combien ce nouveau contexte que nous connaissons depuis quelques semaines nécessite ces formes de courage !

Ne nous atteindra que ce qui est déjà prescrit. Cela pourrait passer comme une forme de fatalisme. En réalité, c’est un rappel aux gens conscients que la seule chose qu’ils sont à même de maîtriser ce sont leurs émotions. C’est l’opportunité d’une prise de distance intelligente et raisonnée, c’est un appel à faire de nos peurs un moteur.

Voyons nos peurs comme des portes ouvertes vers une véritable prise de conscience; la conscience que le changement est avant tout en nous ! Le premier pas de ce changement, nous devons l’amorcer. L’heure n’est pas à la passivité. Investissons nos peurs, acceptons-les afin de les transformer en courage salutaire pour nous et pour l’humanité.